Pourquoi le Collectif-Ussel (Cantal) se mobilise-t-il ?


Un collectif estime le projet du contournement d’Ussel “infondé”. © Agence SAINT FLOUR

Des habitants d’Ussel et des communes impactées par le futur contournement veulent faire entendre leur voix. Après avoir créé un collectif et lancé une pétition, ils souhaitent désormais rencontrer le Conseil départemental. 

Sur la table du Conseil départemental depuis une vingtaine d’années, le contournement d’Ussel semble ressurgir. C’est en tout cas ce que craignent des habitants du village et des communes concernées par la déviation qui ont ainsi décidé, lorsqu’ils ont lu dans nos colonnes un article sur le sujet, de se mobiliser.
« On a découvert qu’il n’y avait pas de concertation », explique Michel, habitant de Neussargues-­en­-Pinatelle et membre du collectif.

Ce collectif a émergé début 2018 à l’initiative d’une poignée de résidents impactés ou non et qui compte aujourd’hui une trentaine de membres. Mais l’objectif est davantage de « recenser des informations sur le sujet » que de s’opposer purement et simplement au projet. Car, comme Michel, Dominique Mérigot, « habitant de Brezons mais citoyen de la terre », s’étonne et déplore le manque de concertation.


Des impacts agricoles, environnementaux et financiers

Et les deux hommes de pointer du doigt « trois problèmes cruciaux » que ce contournement entraînerait : « L’impact sur le foncier agricole, avec des terres qui seront encore bitumées ». Selon eux , « près de 20 propriétaires seraient concernés par l’expropriation. Si la surface totale de terres arables impactées est difficile à préciser, on peut toutefois estimer qu’entre 15 et 20 hectares seraient sacrifiés ».

Ils mettent aussi en exergue « l’impact du tracé sur un site Natura 2000» et enfin,
« le gaspillage de l’argent public », estimant que le coût du projet, évalué à 5 millions d’euros, pourrait finalement « se révéler de l’ordre de 8 à 10 millions d’euros ».

« Ce contournement n’a aucune utilité », renchérit une autre membre du collectif, qui verrait, comme d’autres exploitants agricoles de la commune, sa propriété «coupée en deux », avec d’un côté les bâtiments et de l’autre ses terres. Et si les compensations financières sont, selon eux, « dérisoires », ce n’est de toute façon pas une question d’argent car « l’attachement à la terre, assure Michel, n’a pas de valeur ».


A la rencontre du Conseil départemental

En se regroupant autour d’un collectif, les habitants concernés et les personnes sensibilisées aux impacts environnementaux, agricoles et financiers, veulent ainsi peser plus lourd dans la concertation et légitimer leurs actions.

À commencer par la demande d’une entrevue avec les élus ou personnes en charge du dossier au Conseil départemental. Ils ont également créé un site internet https://www.cinqmillionslaminute.fr/qui-sommes-nous/, en référence à l’annonce d’un gain de temps d’une minute sur le parcours entre Saint­-Flour et Aurillac, et lancé une pétition en ligne et en version papier qui a déjà récolté plus de 1.300 signatures.

Bien décidés à aller plus loin, selon la discussion qu’ils auront avec le conseil départemental, ils sont prêts à se battre, soutenus par Corinne Lepage et Fabrice Nicolino qui a fait une chronique dans Charlie Hebdo, le 13 mars dernier, sur le sujet. France-Inter a également diffusé un message du collectif dans son émission CO² Mon amour.

source : La montagne