Triton versus goudron

Dans la zone humide du site Natura 2000 menacé, une bestiole rare, un amphibien en forte régression, pourrait donner du fil à retordre aux aménageurs et aux fanatiques de la pelleteuse : j’ai nommé « le triton crêté », alias triturus cristatus pour les intimes.

Image d’une femelle triton crêté

Un genre de salamandre avec une crête en dents de scie sur le dos pour les mâles, ce qui lui donne un côté dinosaure en minus : quinze centimètres de long à l’âge adulte. Vivant dans les trous d’eau, en forte régression en Europe et tout aussi menacé en France, ce triton est intouchable de par l’annexe 2 de la directive européenne Habitats*, donc archi protégé par le réseau Natura 2000, et par la liste de 1993 du ministère de l’agriculture protégeant amphibiens et reptiles. Considéré comme « espèce vulnérable » au livre rouge de la faune menacée

«Le triton crêté est une excellente “espèce parapluie”, assez exigeante pour son milieu, et qui profite à beaucoup d’autres espèces. Il lui faut beaucoup d’espace, et de qualité : au delà de sa mare, il a besoin de confort hydrique, de prairies plutôt humides la nuit. Les labours rendent ses déplacements compliqués; l’asphalte, impossibles», dit Didier Montfort, spécialiste des amphibiens et membre de la société d’herpétologie de France.

Moralité : Le triton crêté vit là où l’agriculture reste extensive, avec l’utilisation traditionnelle du bocage, associé à des talus et des prairies pâturées… à l’écart des routes.

En plus, il est assez illusoire d’envisager une mesure compensatoire en recréant, par exemple, des mares plus loin.
Selon les naturalistes avertis les tritons ne s’y réinstallent pas..

 * Directive habitats faune et flore 92/43/CEE